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Stratégie & Investissement

Test de résistance des banques britanniques en 2016 Séparer le bon grain de l’ivraie

La Banque d’Angleterre (BOE) a réalisé un test de résistance annuel pour évaluer la capacité des banques à résister à divers scénarios défavorables. Outre la résistance des banques face à des chocs extrêmes, la BOE a aussi vérifié leur capacité à maintenir le robinet du crédit ouvert pour les acteurs de l’économie réelle.

En mars 2016, la BOE a entrepris de faire passer un troisième test de résistance simultané au système bancaire britannique. L’exercice concernait les sept principales grandes banques et caisses d’épargne du Royaume-Uni, qui représentent environ 80% des emprunts bancaires octroyés aux acteurs de l’économie réelle du pays et réglementés par la Prudential Regulatory Authority (PRA). Le test conduit en 2016 est le premier exercice effectué suivant la nouvelle approche de la BOE. Nettement plus rigoureux qu’en 2014 et 2015, il comprenait notamment un scénario de forte récession à la fois au Royaume-Uni et au niveau mondial, avec des retombées sur les marchés financiers, ainsi qu’un choc distinct relatif aux coûts associés aux manquements réglementaires.

La BOE a publié les résultats du test de résistance pour l’année 2016 le 30 novembre dernier. Quatre des sept banques mises à l’épreuve, à savoir HSBC, Lloyds Banking Group, Nationwide Building Society et Santander UK, ont réussi les tests (sur la base de leurs bilans à fin 2015). Toutefois, le comité de la PRA a identifié une inadéquation des fonds propres pour la Royal Bank of Scotland (RBS), Barclays et Standard Chartered.

Les ratios de fonds propres de base Tier I (Common Equity Tier [CET] I) et l’endettement Tier I de la RBS sont largement en deçà des exigences minimales. À titre de mesure préventive, la banque a mis à jour son plan capitalistique avec de nouvelles initiatives pour renforcer son bilan après une évaluation interne de la solidité de ce dernier, et éventuellement en raison des résultats médiocres au test de résistance mené par l’Autorité bancaire européenne en juillet 2016. Le comité de la PRA a accepté ce projet corrigé, mais continuera de surveiller les progrès de la banque par rapport au nouveau plan adopté. Si Barclays et Standard Chartered n’ont pas respecté tous les seuils en matière de fonds propres, les mesures mises en œuvre par ces établissements pour augmenter leur capital en 2016 les ont exemptés de plan révisé.

Principal point positif, le Financial Policy Committee (FPC) a jugé le système bancaire suffisamment capitalisé pour soutenir l’économie réelle en cas de choc global sévère. En outre, ses membres ont déclaré qu’aucune mesure macroprudentielle sur le capital des banques n’était requise à l’échelle du système. Cette conclusion devrait doper la confiance des investisseurs à l’égard des banques britanniques. Par ailleurs, le FCP maintient le coussin de fonds propres contra-cyclique du Royaume-Uni (Countercyclical Capital Buffer, CCB*) à 0% en raison des perspectives économiques incertaines pour le pays. L’objectif est d’empêcher les banques d’accumuler des fonds propres et de restreindre le financement de l’économie. Le FCP a réitéré sa volonté de maintenir le CCB à son taux actuel jusqu’en juin 2017, sous réserve d’un changement significatif des perspectives économiques.

La diminution des fonds propres CET I (réduction du ratio de fonds propres CET I depuis le début jusqu’à la survenue du choc ; indicateur du risque de perte sur une période spécifique) est également un élément déterminant. Lors du test réalisé en 2016, le ratio du total de fonds propres CET I passe de 12,6% fin 2015 à seulement 8,8% en 2017, soit une baisse de 3,8%. Malgré un recul supérieur à ceux enregistrés en 2015 (360 pb) et 2014 (240 pb), le point bas du ratio CET I de 2016 dépasse les 7,6% observés en 2015 et 2014. Ce résultat témoigne d’un renforcement significatif de la capitalisation des banques.

Parmi les principales banques britanniques, HSBC et Lloyds ont enregistré le plus faible recul en 2016. HSBC est par ailleurs la seule banque à avoir passé tous les tests avec succès depuis 2014. Nous privilégions HSBC et Lloyds vu la solidité de leurs fondamentaux, leur capitalisation solide et leur potentiel de rendement boursier attrayant (sous forme de dividendes ou de rachat d’actions).

Auteur
Shekhar Kedia 

Expert Actions

Données & recommandations au 12 décembre 2016

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