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Stratégie & Investissement

Savoir se retirer au bon moment « Il vaut mieux se couper la main que le bras »

Les marchés actions tournent autour d’un simple fait : il y a des gagnants et des perdants. On ne peut pas avoir raison tout le temps. Pour rentabiliser vos investissements, il vous faudra avoir raison dans plus d'une transaction sur deux.

Les actions en bref

Les marchés actions tournent autour d’un simple fait : il y a des gagnants et des perdants.
On ne peut pas avoir raison tout le temps.

Pour rentabiliser vos investissements, il vous faudra avoir raison dans plus d'une transaction sur deux. En théorie, il existe de nombreuses solutions (stratégies, algorithmes, etc.) pour vous permettre de sécuriser les bénéfices. Toutefois, notre cerveau n’aime pas se conduire en machine et altère notre jugement.

Nous verrons ce qu’il convient de faire pour veiller à ce que les bons paris génèrent des bénéfices et à ce que les mauvais paris ne pèsent – pas trop – sur le compte de résultat.

Subir une perte ; difficile mais nécessaire

Le principal frein à la liquidation de positions perdantes est la peur de voir le titre remonter et de passer à coté. Si tel est le cas, il n'y aucune raison de ne pas racheter l’action au même prix ou peut être à meilleur prix.

Grâce aux technologies actuelles, NYSE affirme qu'un ordre de bourse est passé en 16,8 secondes en moyenne, ce qui n’a que peu d’impact sur le processus d’investissement.
Les études existantes recommandent de réduire les pertes lorsque le titre a perdu près de 10 %.

Néanmoins, si le titre se situe toujours dans la zone des bénéfices, mieux vaut lui laisser une plus grande marge de manoeuvre pour pouvoir réduire le bruit généré par les fluctuations de prix autour de la principale tendance à long terme.

Le tableau ci-dessous montre à quel point il est difficile de récupérer d'une perte.
Imaginons que vous investissiez dans une action d’une valeur de 32€. Si vous perdez 20 %, votre titre vaudra 25,6€. Si le titre regagne 20 %, il n’atteindra que 30,7€. Votre investissement enregistrerait toujours une perte de 1,3€ par action (-4%).

Perte de capital Gains nécessaires
1.0% 1.0%
5.0% 5.3%
10.0% 11.1%
15.0% 17.6%
20.0% 25.0%
25.0% 33.3%

Juste des sentiments

Même si la finance comportementale était un concept connu avant 2002, elle a été formellement identifiée par Kahneman etTversky, lauréats du prix Nobel d’économie en 2002.

Il nous paraît naïf d’imaginer pouvoir vendre au prix le plus élevé. Cependant, il est admis qu’un investisseur émotif aura d’autant plus tendance à vendre au prix le plus bas. La plupart des études montrent que les investisseurs sont réticents à céder un investissement lorsque celui-ci entraîne une perte nominale même si cette perte pourrait être couverte par les bénéfices issus d’autres investissements.
Afin d'éviter de se laisser envahir par ses émotions et de provoquer des pertes, il est possible de mettre en place des stratégies basées uniquement sur des données quantitatives.

Moyenne à la baisse

L’investisseur peut être confronté à d’autres écueils psychologiques comme celui de la moyenne à la baisse. Cela se traduit par l’achat de titres supplémentaires à un cours inférieur à celui des titres achetés en premier lieu.
L’objectif est de faire baisser le prix de l’investissement dans sa globalité.

Par exemple, vous investissez 100$ dans une action. Le prix baisse à 50$ (selon nos commentaires précédents, vous auriez probablement dû vendre cette position).
Vous décidez d’acheter une action supplémentaire ; vous vous retrouvez donc avec un placement de 150$ composé de deux actions (à un coût moyen de 75$ l’action). De cette manière, la perte ne représente plus 50$ sur une action unique mais 25$ par action, laissant inchangée la perte tout en renforçant l'exposition à un titre spécifique ; ce mécanisme mental pourrait affecter votre processus de prise de décision.

Assis sur un tas de liquidités

Dans le cadre de la gestion d’investissements, il est indispensable de rester attentif et d'anticiper des plans de secours destinés à réaffecter les fonds vers de meilleures opportunités de placement, au sein ou en dehors du portefeuille actuel.

Les liquidités obtenues seront ensuite utilisées pour renforcer une ligne déjà existante du portefeuille mais il faut veiller à ne pas tomber dans l’écueil de la moyenne à la baisse. Au lieu de renforcer une seule ligne, elles pourraient consolider différentes positions de manière à modifier l'exposition du portefeuille à une devise, un secteur...
Elles pourraient également être utilisées pour maintenir une stratégie à pondérations équivalentes.
Vous pourriez également commencer à investir dans un nouveau titre ou une autre classe d’actifs en fonction des conditions de marché.

Bénéficier de la perte

Une fois prise la décision rationnelle d’accepter la perte, il existe des moyens d’en optimiser les conséquences.

Dans la plupart des pays, les pertes sont déductibles d'impôts au-delà d’une certaine limite fixée.

En France, pour une perte excédant 25 730€ sur une année fiscale donnée, l’investisseur pourra la déduire de ses gains réalisés sur d’autres placements, tels que des actions. Ces déductions peuvent être étendues à une période donnée (dix ans en France).
L’acceptation d’une perte peut ainsi permettre de réduire la charge fiscale d’autres investissements rentables.

Aux États-Unis, « si vos pertes en capital dépassent vos gains, le montant de la perte excédentaire qui peut être réclamée correspond à 3000$, soit votre perte totale nette, comme indiqué ligne16 du formulaire 1040 Calendrier D.
Si votre perte en capital nette est supérieure à cette limite, vous pouvez reporter cette perte à plus tard. » (IRS).

Au Royaume-Uni, il s’agit d’un processus en quatre étapes plutôt compliqué ; nous allons simplement en faire une brève introduction.
Dans un premier temps, vous devez déduire toutes les pertes admises des gains réalisés sur la même année fiscale. Si vous présentez encore des gains après déduction faite de vos pertes admises, vous devez vérifier que ceux-ci sont supérieurs à l'abattement annuel. Si vos gains dépassent 10 600£ mais que vous disposez de pertes inutilisées d’une année fiscale précédente, vous pouvez les déduire de vos gains. Si vous affichez encore des pertes, celles-ci pourront être reportées et utilisées l’année suivante.

Investir dans les titres à dividende :

Avec sa nomenclature bien spécifique, le placement en dividendes peut faire tourner la tête ; ne feriez-vous pas mieux d’investir avant l’annonce ? Avant la date de détachement ? La date d’enregistrement est-elle importante ?

Le délai :

Chaque chose en son temps ; il s’agit d’un timing précis. Le dividende est annoncé lors de l'Assemblée Générale annuelle, après le vote des actionnaires.
À ce moment précis, une date (dite de détachement) est fixée ; celle-ci précède la date d’enregistrement afin que les noms des investisseurs puissent être inscrits aux registres de l’entreprise. Le délai entre les dates de détachement et d’enregistrement est bref et sert uniquement à la collecte d’informations auprès des investisseurs afin de payer le dividende préalablement déterminé.

Le chronogramme ci-dessus illustre le processus susmentionné. Si vous deviez acheter des actions après la date de détachement mais avant la date d’enregistrement, vous n’auriez droit à aucun dividende. L’achat d’une action après la date d’enregistrement aboutit au même résultat.

L’impact sur le titre :

Lorsqu’une entreprise verse un dividende le cours de l'action se voit souvent (pour ne pas dire toujours) réduit de la valeur du montant du dividende annoncé.
En effet, des études démontrent que la chute de cours est plus ou moins égale à 10 % du dividende.

Si un titre de 100$ affiche un dividende de 10$, le titre devrait ainsi chuter d’environ 1$ ; il se négociera àprès de 99$ mais vous obtiendrez un bénéfice net d’environ 9$ par action.
Vous seriez alors confronté à une perte, mais à une hausse du rendement total.

La fiscalité – l’encaisser ou la réinvestir ?

Les réglementations dépendent du pays dans lequel le compte qui reçoit le dividende a été ouvert.
Le principal problème consiste à savoir s’il est plus judicieux d’opter pour un versement en numéraire ou pour un dividende sur action.

Nous allons brièvement présenter les moyens utilisés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France ; pour plus d’informations détaillées, veuillez contacter nos experts.

En France, calculé sur la base d’un abattement fiscal de 40 % et une décote de 1 525 EUR. Lorsque vous choisissez un paiement sous forme de dividendes, vous bénéficiez d'une décote maximale de 10 % sur le cours de l'action calculé à partir du prix moyen sur 20 jours (avant l'annonce du dividende) de l'action.

Au Royaume-Uni, si vous payez vos impôts au taux de base, vous ne devez verser aucun impôt sur le revenu lié aux dividendes; la charge fiscale est de 10 % – soit le même montant que le crédit d’impôt.
Il s’agit du scénario le plus fréquemment observé. Il existe deux autres tranches affichant des taux spécifiques ; l’un à 32,5 % pour la fourchette d’impôt sur le revenu dépassant 34 370£ et l’un à 42,5 % pour la limite fiscale supérieure à 150 000£.

Aux États-Unis les dividendes sont imposés en fonction du taux d’imposition individuel et peuvent être fixés à 5 % ou15 % (si la tranche d’imposition personnelle est supérieure à 25 %). Les impôts sur les gains en capital dépendent de la période de détention du titre ; il est recommandé de réinvestir le dividende dans les actions, le gain en capital étant inférieur à l’impôt sur le dividende.

Aller plus loin

Afin de réduire l’impact du ressenti des investisseurs sur le processus de placement, ces derniers disposent d’une large palette de stratégies.

L’ordre à cours limité : l’ordre à cours limité est utilisé par l’investisseur dans le but d'acheter (vendre) un titre à un prix déterminé ou à un meilleur prix.

L’ordre de vente limité : si vous fixez un ordre limité pour la vente d’un titre à 50$ et que le prix s’établit à 49$, rien ne se produira jusqu’à ce que le cours atteigne la barre des 50$. Vous vendrez ensuite les actions à un prix supérieur ou égal à50$.
Vous pouvez utiliser cette stratégie lorsque vous voulez mettre de côté votre ressenti et être certain de vendre après la hausse du titre (par ex : vous voulez vous assurer que vous vendez une fois que le titre a réalisé une progression de 10 %).

L’ordre stop (ou limite de perte) : l’ordre d’arrêt se transforme en ordre de marché une fois le prix limite précisé atteint :

L'ordre d’achat stop : le prix limite est fixé à un niveau supérieur au prix du marché (par ex : 50$ si le titre se trouve à45$ sur le marché). Cette stratégie est notamment utilisée afin de protéger l'investisseur qui bénéficie d'une position courte (générant une perte lorsque le cours grimpe).

Les ordres limités et stop sont disponibles pour les stratégies de vente et d‘achat. Les ordres susmentionnés demeurent les plus communément utilisés.