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Septembre - C'est la rentrée !

05/09/2018

À ces mots « rentrée des classes », je retrouve mon âme d’enfant et des souvenirs affluent. Celui de l’odeur des protège-cahiers, de la séance de couverture des livres le soir en famille, de la joie de retrouver les copains et aussi quelques profs, et le plaisir d’apprendre…

À ces mots « rentrée des classes », je m’interroge ensuite. Combien sont-ils celles et ceux qui n’auront pas ces beaux souvenirs ? Ceux pour qui le mot rentrée des classes évoquera fatigue, angoisse, malaise, peur peut-être ; pour les enfants qui n’ont pas accès à l’école, dont une majorité de filles, pour ceux qui vont à l’école seuls, et qui, une fois rentrés chez eux, n’ont pas le soutien familial pour raconter, échanger, pour ceux qui n’y arrivent pas et qui sortiront de l’école par l’échec. 

À l’échelle mondiale, au moins 750 millions de jeunes et d’adultes ne savent toujours pas lire et écrire et 250 millions d'enfants n’acquièrent pas les compétences d'alphabétisation fondamentales selon l’Unesco. Ces chiffres semblent énormes ! Mais gardons espoir, le nombre d’enfants non scolarisés en primaire a été divisé par près de deux entre 2000 et 2015, soit l’équivalent de 40 millions d’enfants supplémentaires qui ont pu rejoindre les bancs de l’école (source « Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous 2015 » de l’Unesco, données 2015).

Ces progrès ont été possibles grâce aux politiques publiques, mais aussi aux grandes ONG qui se mobilisent dans le monde, comme l’Unicef, par exemple, qui, à côté de ses programmes de santé, finance des programmes éducatifs. La cause de l’éducation est un sujet qui mobilise et beaucoup de structures s’engagent pour soutenir l’accès à la scolarité des enfants qui en sont exclus.

C’est le cas par exemple de l’association Enfants du Mékong, qui, depuis soixante ans, propose de parrainer la scolarité d’enfants dans sept pays asiatiques, et envoie chaque année soixante volontaires sur place.

Et je me réjouis aussi des projets des personnes que nous accompagnons dans notre service de philanthropie et qui se donnent comme mission de lutter contre les inégalités éducatives.

Me viennent alors en tête deux belles histoires qui ont débouché sur des projets concrets et impactants. 

L’histoire d’Anne tout d’abord, venue nous voir avec cette question : « Je viens de percevoir l’héritage de mon père, un scientifique passionné, passionnant et reconnu. Moi-même professeur en retraite, je souhaite utiliser ce capital hérité pour mener une action en faveur de la diffusion des sciences dans les collèges et lycées, que faire ? comment faire ? »  Ce projet mobilise aussi une des filles d’Anne. Après plusieurs mois de réflexion, de partage et de contacts, un fonds dédié, qui porte le nom du père d’Anne, est créé au sein d’une fondation universitaire. Il a pour but de rapprocher les savoirs en mettant en relation des classes du secondaire avec des chercheurs scientifiques de l’université. Les premiers projets débuteront à la rentrée 2018.

L’histoire de Bettina et ses trois fils est très belle aussi. Nous faisons la connaissance de Bettina peu après la disparition de son cher mari Areski, entrepreneur engagé et visionnaire. Celui-ci est né dans une famille pauvre d’Algérie, ses frères et sœurs aînés n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, trop éloignée de leur village. Il est le premier à apprendre à lire, à s’instruire et réussir. En France, il construit un groupe d’entreprises auquel il a dédié sa vie, tout en étant un père attentif et exemplaire. Il inspire à ses fils et à son épouse l’idée de créer une fondation. « Je souhaite que la mémoire de mon mari soit honorée et son action prolongée : nous choisirons de soutenir des projets dans l’éducation et plus particulièrement ceux qui permettent aux enfants des quartiers de réussir et lutter ainsi contre l’échec scolaire », annonce Bettina, entourée de ses fils, lors du discours qu’elle prononça à la soirée de lancement de la fondation qu’ils ont créée sous égide de la Fondation Entreprendre. Les premiers projets qui ciblent les enfants de primaire viennent d’être choisis.

Ainsi, en cette rentrée, saluons tous ceux qui s’engagent pour la scolarité de tous les enfants du monde. Car on sait qu’avec l’éducation c’est la pauvreté qui recule, la paix qui avance et l’humanité qui se tient debout.

Claire Douchy Responsable des offres philanthropiques et ISR Société Générale Private Banking